Colloque – Pierre Gaudibert : militant, critique, sociologue de l’art, expérimentateur de musée

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Le 24, 25 et 26 février prochain  aura lieu, en ligne, le colloque Pierre Gaudibert : militant, critique, sociologue de l’art, expérimentateur de musée. Il est co-organisé par l’Institut national d’histoire de l’art, le Musée d’art moderne de Paris, le musée de Grenoble et le Laboratoire de recherche historique Rhône-Alpes (LARHRA) – université Grenoble-Alpes ( Comite organisateur : Paula Barreiro López, (LARHRA – université Grenoble – Alpes, Sophie Bernard (musée de Grenoble), Elitza Dulguerova (université Paris 1 Panthéon-Sorbonne – INHA), Hélène Leroy (MAM))

À l’occasion de l’ouverture au public du fonds d’archives et de la bibliothèque personnelle de Pierre Gaudibert conservés au Musée d’Art Moderne de Paris, ce colloque international propose de revenir sur cette figure-clé de la scène artistique française de l’après-guerre et sur les contextes intellectuels et politiques dont son parcours est révélateur.
Militant engagé dans des mouvements d’éducation populaire (l’association « Travail et culture », le réseau « Peuple et Culture ») ou au sein du Parti socialiste, critique et sociologue de l’art, Pierre Gaudibert (1928-2006) a laissé son empreinte sur plusieurs institutions culturelles. Conservateur au Musée d’Art moderne de la Ville de Paris de 1966 à 1972, il y fonde en 1967 le département Animation-Recherche-Confrontation (A.R.C.) dont le modèle muséographique, inédit en France, favorise la relation directe entre artistes, oeuvres et visiteurs et accueille l’actualité des recherches artistiques les plus expérimentales. De 1977 à 1985, Gaudibert dirige le musée de Grenoble et développe ses collections, contribue à la création du CNAC de Grenoble (le Magasin) et s’investit dans l’action culturelle à l’échelle de la ville, en y organisant, entre autres, un Festival africain en 1982. Affilié au Musée national des arts d’Afrique et d’Océanie (MNAAO) de 1985 à 1994, il contribue à introduire l’art contemporain africain dans les collections et milieux muséaux en France. S’il a été proche d’artistes comme Henri Cueco, les choix artistiques de Gaudibert embrassent aussi des formes d’art minorées (les arts populaires, l’art naïf) et des pratiques dites alors « du Tiers-Monde ». Auteur de plusieurs ouvrages volontairement polémiques, Gaudibert ne cesse de réfléchir à la place de l’art et de la culture dans la société, à la responsabilité des artistes et des acteurs culturels quant à la division sociale.
Tenant compte de l’héritage théorique et institutionnel de Pierre Gaudibert, de ses engagements mais aussi de ses désenchantements, impasses et limites, ce colloque vise à considérer les voies possibles que son travail a ouvertes à l’arrimage entre art et démocratie, à une pratique désenclavée des institutions, à une pluralité des cultures et des pratiques artistiques.

Trois membres de MoDe(s) participent au colloque: Paula Barreiro López fera une intervention intitulée Action culturelle, révolution et tiers-mondisme dans l’axe, Cuba, Paris, Grenoble : Pierre Gaudibert au carrefour des cultures tricontinentales. De plus, Juliane Debeusscher interviendra avec la communication « De la contestation à la dissidence » – Situations, attitudes et productions visuelles dans l’orbite de Pierre Gaudibert et Anita Orzes avec la communication Pierre Gaudibert between the Biennials of Venice and Havana (1977 – 1991).

Des autres intervenantes sont Anne Bergeaud (MAM), Sophie Bernard (Musée de Grenoble), Odile Burluraux (MAM), Maëlle Coatleven (Fondation Cartier), Juliane Debeusscher (LARHRA – Université Grenoble – Alpes), Coline Desportes (INHA), Étienne Féau (conservateur en chef honoraire du patrimoine ), Hélène Lassalle (conservateur en chef honoraire du patrimoine), Jacques Leenhardt (EHESS), Hélène Leroy (MAM), Anita Orzes (LARHRA – Université Grenoble – Alpes), Jean-Loup Pivin (Revue noire), Léa Sallenave (Université Grenoble – Alpes), Marine Schutz (Aix-Marseille Université), Julie Sissia (Agence nationale de la recherche), Zoé Stillpass (École cantonale d’Art de Lausanne), Annabelle Ténèze (les Abattoirs, Musée – FRAC Occitanie Toulouse), Léa Tichit (université Bordeaux Montaigne) et  Sarah Wilson (Institut Courtauld, Londres).