De la géopolitique à la géoesthétique. Les défis du tournant spatial, ou les débats pour une histoire de l’art transnationale

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De la géopolitique à la géoesthétique. Les défis du tournant spatial, ou les débats pour une histoire de l’art transnationale

9 Novembre 2020, 10.00 – 16.00

Webinar – Université de Genève

Cet atelier doctoral, organisé dans le cadre du programme doctoral de MoDe(s) en collaboration avec le projet Artl@s et la Chaire des Humanités Numériques de l’Université de Genève (UNIGE), propose de partager et de débattre ensemble autour d’une série de ressources méthodologiques et théoriques liées à l’étude des pratiques culturelles et intellectuelles de la Guerre Froide à la contemporanéité, et à leurs croisements avec différents contextes sociopolitiques dans une perspective transnationale et géohistorique. Les propositions débattues dans le cadre de ce séminaire se situent dans le domaine de l’histoire de l’art ; cependant, elles sont ouvertes à d’autres disciplines telles que les études culturelles et visuelles, l’esthétique, l’histoire contemporaine, les sciences politiques, et tout particulièrement dans ce cas, la géographie et les approches cartographiques.

Si le études de cas constituent une part essentielle de la recherche en histoire de l’art portant sur la période qui nous intéresse ici, nous proposons de prendre temporairement nos distances par rapport aux objets, aux acteurs et aux événements concrets afin d’examiner les cadres interprétatifs (et les configurations spatiales) dans lesquels ils s’inscrivent, ainsi que la relation entre l’application de ces cadres et la construction de récits historiques portant sur des lieux, des personnes, des artefacts ou des épisodes historiques.

L’atelier se concentre sur les ressources conceptuelles et théoriques impliquées dans chaque étude, afin d’examiner leur articulation et leur mise en application, ainsi que les frictions et les négociations que ce processus peut entraîner. Pour ce faire, les séances de travail seront menées à partir des expériences partagées d’une chercheuse invitée au parcours consolidé: la Professeure Béatrice Joyeux Prunel, directrice du projet international Artl@s et responsable de la chaire des Humanités numériques de l’Université de Genève.

À travers des présentations, des discussions et des lectures partagées, l’objectif de cet atelier est d’examiner et de comparer les approches méthodologiques et théoriques qui cherchent à penser l’espace et le lieu à travers le prisme de l’histoire de l’art et de l’esthétique, et à l’inverse, à penser l’histoire de l’art et l’esthétique à travers le prisme de l’espace et du lieu. Ainsi, pour cette édition, les thèmes à débattre sont les conditions, les hypothèses (ou prémisses) et les résultats à partir desquels on peut établir un dialogue productif entre histoire de l’art, esthétique, géographie et cartographie afin de développer une approche transnationale. Celle-ci vise à aborder les pratiques artistiques, critiques ou institutionnelles et les événements culturels de la seconde moitié du XXe siècle par une lecture croisant divers aspects: le monde artistique et le monde géopolitique; les avantages et les limites de l’utilisation de cadres de référence tels que, par exemple, l’histoire de l’art mondial, l’histoire sociale, les études culturelles, postcoloniales, écologiques et queer pour penser les interactions entre pratiques et lieux ; les relations et les contrastes d’échelles ; les tensions entre l’aspiration à l’internationalisme et le développement de formes culturelles locales ou régionales.

Quelles formes ou modèles de réflexion peuvent être mobilisés pour produire des cadres de recherche qui permettent de saisir la nature naturellement disloquée, hétérogène et complexe d’une analyse transnationale pouvant porter sur des décennies, des géographies et des identités multiples ?

Les langues principales de l’atelier seront l’anglais et le français. Des lectures peuvent être proposées dans les deux langues. Pour recevoir le dossier de lectures et inscrire au séminaire, qui sera disponible en streaming via la plateforme zoom, contactez MoDe(s): info@modernidadesdescentralizadas.com

Affiche

Programme

9 NovembreLectures

10.00-10.15 > Bienvenue et introduction par Paula Barreiro López (Université Grenoble Alpes)

10.15-11.15 > Béatrice Joyeux Prunel (UNIGE / Centre IMAGO / ENS-PSL), La discordance des temps mise en oeuvres. Au-delà de l’opposition stérile entre géohistoire culturelle et histoire de l’art focalisée sur les oeuvres.

11.15-11.30 > Juliane Debeusscher (Universitat de Barcelona / Université Grenoble Alpes), Penser les géographies artistiques d’Europe centrale, entre perspective locale et transrégionale

11.30-11.45 > James Horton (École normale supérieure / Paris Sciences Lettres), Géographies décollées et mondes découpées : pratiques et imaginaires spatiaux au sein de l’underground des années 1960

11.45-12.00 > Anita Orzes (Universitat de Barcelona / Université Grenoble Alpes), Rethinking interinstitutional and interbiennial networks from a transnational and geohistorical perspective

12.00-12.30 > Discussion

12.30-13.30 > Pause

13.30-14.15 > Zouina Ait Slimani (ENS-PSl / Université de Genève), Cafés, musées et maisons d’artistes:la construction/l’élaboration du discours sur l’art en Irak entre espaces matériels et symboliques

13.45-14.00 > Gwendoline Corthier-Hardoin (ENS-PSL), Un espace social de la collection: la criculation des oeuvres entre artistes collectionneurs

14.00-14.15 > Laura Ramírez Palacio (Universidad Autónoma de Madrid), Methodological reflections on possibilities and difficulties when tracking transnational imageries of child soldiers during the 1980’s

14.15-14.45 > Discussion

14.45-15.45 > Débat final à partir des présentations et des textes proposés pour la lecture

15.45-16.00 > Clôture de la journée

  • Lefebvre, Henri, «La production de l’espace», L’Homme et la société, nº 31-32, 1974, pp. 15-32.
  • Piotrowski, Piotr, «On the Spatial Turn, or Horizontal Art History», Umeni/Art, n°5, 2008, pp. 378-383.
  • Quirós, Kantuta ; Imhoff, Aliocha, «Glissement de terrain», Géo-esthétique, nº 42, 2014, pp. 5-16.
  • Rogoff, Irit,  Terra infirma. Geography’s Visual culture, London/New York, Routledge, 2000, pp. 14-35
  • Sanguin, André-Louis, «À propos de la seconde édition de « La géographie, ça sert, d’abord à faire la guerre», Cahiers de géographie du Québec, vol. 27, nº 72, 1983, pp. 467–474.

Direction: Paula Barreiro López (Université Grenoble Alpes) et Béatrice Joyeux Prunel (Université de Genève)
Coordination: Anita Orzes (Universidad de Barcelona)

Atelier organisé dans le cadre de la plateforme MoDe(s)2 – Modernidad(es) Descentralizada(s): arte, política y contracultura en el eje transatlántico durante la Guerra Fría (HAR2017-82755-P), en collaboration avec le projet Artl@s, la Chaire des Humanités Numériques de l’Université de Genève (UNIGE) et le the Laboratoire de Recherche Historique Rhône-Alpes (LARHRA) de l’Université Grenoble Alpes.
Image: Reena Saini Kallat, Woven Chronicle (détail), 2015.