Une contre-révolution néolibérale ? Imaginaires culturels, subjectivités politiques et nouvel ordre mondial (1970-2019)

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Congrès international 
Une contre-révolution néolibérale ? Imaginaires culturels, subjectivités politiques et nouvel ordre mondial (1970-2019)
16 et 17 septembre 2021
MACBA – Barcelone

Répondant aux réflexions développées dans le cadre des projets de recherche Modernité(s) décentralisée(s) et Esthétique fossile, ce congrès international s’interroge sur le rôle que les imaginaires culturels ont joué dans la formation de la subjectivité néolibérale au cours de la période de 1970 à 2019. Marqué par des étapes historiques clés telles que le début de la Perestroïka ou la chute du mur de Berlin, cet arc chronologique détermine la mise en œuvre effective du modèle économique, culturel et politique qui façonne notre présent. Car, si l’origine historique du néolibéralisme en tant que projet idéologique a pu être située il y a plusieurs décennies, c’est à partir de la fin des années 70, après l’expérience de la dictature chilienne et avec l’arrivée au pouvoir de Margaret Thatcher, qu’il commence à développer son hégémonie culturelle au niveau mondial.
Entre les années 70 et 80, on trouve également les thématisations de Michel Foucault sur les rapports entre néolibéralisme et biopolitique, les propositions de Raymond Williams pour une actualisation éco-sociale de la critique culturelle ou la réflexion de Jean-François Lyotard sur la fin des grands récits, que l’on associe au passage à la vision du monde postmoderne. Tout cela s’est déroulé dans un contexte géopolitique bouleversé par les conflits sur les ressources énergétiques (avec la révolution iranienne comme point culminant de la décennie), la restructuration de la division internationale du travail (avec les politiques de délocalisation industrielle et de financiarisation de l’économie), l’accélération technologique dans des domaines tels que les technologies de l’information et les menaces d’extermination découlant de la prolifération nucléaire et de l’armement spatial (comme l’initiative de défense stratégique des États-Unis, SDI). Tous ces processus ont donné une continuité au climat bipolaire de la guerre froide et, en même temps, ont annoncé son déclin.
La grande vague néolibérale se propage jusqu’à aujourd’hui avec des signes qui montrent à la fois son succès et son naufrage. Ainsi, en l’absence d’alternatives macro-politiques à l’idéologie du libre marché, nous assistons à l’émergence de tendances néo- et éco-fascistes qui laissent présager une variante illibérale du lien de l’après-guerre entre démocratie, croissance et fossilisation. Du côté de l’émancipation, la désactivation politique de la culture se conjugue avec l’émergence de nouvelles formes de résistance aux dynamiques économiques et politiques dominantes. Ces tensions d’époque ont été accentuées par la pandémie COVID-19, dont la Chine a mis en garde le 31 décembre 2019, et dont la gestion a recoupé l’intensification des formes de gouvernance biopolitique avec les attentes d’une reprise en clé verte des politiques égalitaires keynésiennes.
Que nous comprenions le néolibéralisme comme une simple doctrine économique, une rationalité gouvernementale omniprésente ou une puissante théologie politique, son énorme capacité à façonner l’existence des individus repose sur une hégémonie culturelle sans précédent dans l’histoire. L’imposition d’un credo basé sur le marché libre, la reformulation des fonctions de l’État, l’individualisme subjectif dans la conduite, le comportement et les désirs, ou la mise en place d’un nouveau cadre du travail basé sur la compétitivité, la flexibilité, l’esprit d’entreprise et la suprématie de la rentabilité, n’auraient pas été possibles sans une intervention politique à haute tension. Dans ce processus, la configuration de nouvelles visualités, imaginaires et pratiques culturelles a été essentielle pour légitimer ce projet historique. Traversée par les contradictions de l’époque, l’art et la culture ont accompagné sa construction, tout en résistant à sa normalisation.
Entre Téhéran et Wuhan, ce coloque retracera les permutations des imaginaires artistiques et culturels, des discours esthétiques et des subjectivités politiques qui ont accompagné la gestation d’un nouvel ordre mondial de la fin des années 1970 à nos jours.

JEUDI, 16 SEPTEMBREVENDREDI, 17 SEPTEMBRE

9.30 – 9.45 Présentation: Paula Barreiro López (Université Grenoble Alpes) / Jaime Vindel (CSIC) / Pablo Martínez (MACBA) / María Ruido (Universidad de Barcelona)

9.45 – 10.30 Nancy Garín, auntología, Espectros e Irrupciones visuales. Del Plan Cóndor a las transiciones democráticas para la revolución neoliberal
introduit par María Ruido (Universidad de Barcelona)

10.30 – 12.00 Panel 1. Imaginarios neoliberales / Neoliberal imaginaries
Modération: Olga Fernández (Universidad Autónoma de Madrid)

Angela Harutyunyan (American University of Beirut), In The Margins of the Neoliberal Order: Ghosts, Zombies and The Post-Soviet “Contemporary”

Cristina Catalina (Universidad Complutense de Madrid), Competencia, miedo y virilidad. El daño de la subjetivación neoliberal a través de series de televisión

Katy Deepwell (Middlesex University), The perversions of feminism(s) in neo-liberal thought and elements of their resistance in feminist artists’ works

12.00 – 12.30 Pause

12.30 – 13.30 Panel 2. Alter-neoliberalismo / Alter-neoliberalism
Modération: Jonathan Harris (Birmingham City University)

Dimitris Soudias (London School of Economics), Theorizing an Alter-Neoliberal Critique

Christina Novakov-Ritchey (University of California), Postsocialist performance as Insurgent Method

13.30 – 15.00 Déjeuner

15.00 – 16.30 Panel 3. Tecnologías e industrialismo / Technologies and industrialism
Modération: Jaime Vindel (CSIC)

Adrián Almazán Gómez (Universidad de Deusto), ¿Neoliberalismo o sociedad industrial? Recuperando una tradición olvidada

Pablo Santa Olalla  (MNCARS), Derivas críticas en los imaginarios artísticos de la Jet Age. Del aerotransporte como símbolo de la globalización, al rechazo frontal de sus condiciones de funcionamiento

Bárbara Fluxá Álvarez-Miranda (Universidad Complutense de Madrid), Excavando la Tecnosfera: Estrategias artísticas críticas para un futuro entre materialidades mediales

16.30 – 17.00 Pause

17.00 – 18.30 Panel 4. Visualidades más allá de la crisis ecológicas / Visuals beyond the ecological crisis
Modération: Pablo Martínez (MACBA)

Simone Fehlinger (Cité du design, Saint-Etienne), New Weather TV. Materializing the planetary as a composite “non-seamless” image

Linn Burchert (Humboldt University),  Art, Climate Compensation and the Carbon Industries

Alberto Berzosa (CSIC) / Alejandro Pedregal (CSIC) Reconversión y crisis ecosocial en el Estado español: Estrategias estéticas e ideológicas en el cine documental sobre la desindustrialización

18.30 – 18.45 Pause

18.45 – 20.30  Secuencias de lucha y utopía. Conversación con proyecciones / Sequences of struggle and utopia : a conversation with screenings entre Gal Kirn (TU Dresden) et Jonathan Harris (Birmingham City University). Modération: Paula Barreiro López (Université Grenoble Alpes)

10.00-11.30 Panel 5. Postfascismos y nuevas derechas / Post-fascism and new right wing
Modération: Lior Zalis (Universidade de Coimbra)

Miguel Errazu (Universidad Autónoma Metropolitana-Lerma), Extractivismo visual

Jouke Huijzer (Free University of Brussels), The Neoliberal Restoration

Antonio Gómez Villar (Universitat de Barcelona / Universidad Autónoma de Barcelona), La redención de los olvidados: una figura espectral como promesa de retorno

11.30 – 12.00 Pause

12.00 – 13.30 Panel 6. Necropolíticas y luchas / Necropolitics and struggles
Modération: Anita Orzes (Universidad de  Barcelona / Université Grenoble Alpes)

Lee Douglas (Universidade Nova de Lisboa), “I Can’t Breathe”: A Necropolitical Reading of Race, the Visuality of Death, and New Visual Ecologies for our Pandemic Times

Karen Secrist (International Institute, Madrid), “Look for us there, because that’s where we’re at”: AfriCOBRA and Black Futurity

Zurcir, Lavar la raza: Blanquita y la reproducción transgeneracional de la negritud en los medios masivos, de la televisión a Youtube

13.30 – 14.30 Conversation: Asunción Molinos (Artista)  – Juan Albarrán (Universidad Autónoma de Madrid)

14.30 – 16.00 Déjeuner

16.00 – 17.30 Panel 7. Subjetividad neoliberal y precarización del trabajo / Neoliberal subjectivity and the precariousness of labor
Modération: Paula Barreiro López (Université Grenoble Alpes)

Temenuga Trifonova (York University), Imaginaries of Work in Contemporary European Cinema

Bernat Padró (Universidad de Barcelona) / Elena Fraj Herranz (Universidad de Barcelona), El bucle de la universidad neoliberal: precariedad, mercancía y clientelización

Sergio Vega Jiménez (Universidad Complutense de Madrid), Las fuentes del malestar: de la crisis del fordismo a la extenuación de las vidas-trabajo

17.30 – 18.00 Pause

18.00 – 19.30 Projection: El Estado del malestar,  María Ruido  (Universidad de Barcelona) / Laia Manonelles (Universidad de Barcelona)

19.30 – 20:15 Emilio Santiago (CSIC), Compartir o matar en el cortísimo siglo XXI. Horizontes de transición a partir de la victoria antropológica neoliberal
introduit par Jaime Vindel (CSIC)

20.15 – 20.30 Conclusions

Diego del Pozo Barriuso, Todo el malestar que se pueda soportar…, 2016
Appel à contributions

Comité d’organisation : Juan Albarrán (Universidad Autónoma de Madrid), Paula Barreiro (Université Grenoble Alpes), Olga Fernández López (Universidad Autónoma de Madrid), María Ruido (Universidad de Barcelona), Jaime Vindel (CSIC).

Coordination : Anita Orzes (Universidad de Barcelona / Université Grenoble Alpes) et Alejandro Pedregal (CSIC)

Comité Scientifique
Juan Albarrán (Universidad Autónoma de Madrid)
Paula Barreiro López (Université Grenoble Alpes)
Olga Fernández López (Universidad Autónoma de Madrid)
Jonathan Harris (Birmingham City University) 
Sonia Kerfa  (Université Grenoble Alpes)
Gal Kirn  (ICI Berlin)
Pablo Martínez (MACBA)
Daniel Montero (UNAM, México)
María Ruido (Universidad de Barcelona)
Emilio Santiago (Universidad de Zaragoza)
Jaime Vindel (CSIC)

Ce congrès international est organisé par le projet Modernité(s) décentralisée(s). Art, politique et contre-culture dans l’axe transatlantique pendant la guerre froide (HAR2017-82755-P), Esthétique fossile: une écologie politique de l’histoire de l’art, de la culture visuelle et des imaginaires culturels de la modernité (PIE 202010E005) et Energy humanities. Energy and sociocultural imaginaries between the industrial revolutions and the ecosocial crisis (PID2020-113272RA-I00) en collaboration avec le Laboratoire de Recherche Historique Rhône Alpes (LARHRA) de la Université Grenoble Alpes et le Museu d’Art Contemporani de Barcelona (MACBA).
Image: María Ruido, Plan Rosebud 2, 2008

*Traduit par Clara Padovani